Utiliser l'IA en cabinet kiné, c'est manipuler des informations liées à la santé des patients. Ces données sont parmi les plus protégées par le droit européen : leur traitement est soumis à des obligations renforcées, des risques de sanction élevés, et une responsabilité personnelle du kinésithérapeute libéral.

Les données de santé : une catégorie à part

Le RGPD classe les données de santé parmi les « données sensibles » (article 9). Cela inclut tout ce qui permet d'inférer l'état de santé d'une personne : pathologies, diagnostics, comptes-rendus de bilan, historique de séances, ordonnances de kinésithérapie.

En tant que kinésithérapeute libéral, vous êtes responsable du traitement de ces données. Cette responsabilité ne se délègue pas à l'outil numérique que vous utilisez.

Ce que ça change concrètement avec l'IA

Politique « no-training » : la plupart des outils IA grand public utilisent par défaut les données saisies pour améliorer leurs modèles. Activer l'option « no-training » avant tout usage avec des données cliniques.

Hébergement HDS : les outils grand public (ChatGPT, Claude, Gemini en version standard) ne sont pas certifiés HDS. Règle absolue : ne jamais saisir de données identifiantes.

Secret professionnel : utiliser un outil IA pour traiter des informations couvertes par le secret sans précautions constitue une violation potentielle.

La règle de la pseudonymisation

Au lieu de saisir :

« M. Dupont, 52 ans, lombalgies chroniques post-opératoires, bilan à J+30. »

Vous saisissez :

« Patient H52, lombalgies chroniques post-opératoires, rédiger bilan réévaluation J+30. »

L'AI Act : ce qui entre en vigueur en 2026

Le règlement européen sur l'IA impose aux utilisateurs professionnels une obligation de maîtrise. Pour les kinésithérapeutes : savoir comment fonctionne l'outil, conserver une supervision professionnelle sur tout contenu destiné au patient ou au médecin, ne jamais déléguer à l'IA une décision clinique.

Ce qu'il faut mettre en place dans votre cabinet

  • Activer l'option « no-training » sur tous les outils IA utilisés.
  • Ne jamais saisir nom, prénom, date de naissance ou numéro de sécurité sociale.
  • Informer les remplaçants et collaborateurs des règles d'usage.
  • Choisir des outils européens (Mistral) pour les usages les plus sensibles.
  • Documenter vos usages IA dans votre registre de traitement RGPD.